Bla, Bla, Bla

Jeudi 13 Décembre 2019, 00h43

19 avril 2020
phot pour blog

« Vous devriez lire Kilomètre 0 ». On était le Samedi 15 Décembre 2019 et c’était une aide-soignante qui me donnait quelques conseils de lecture, le temps de ma convalescence. Et il est vrai, que ce livre, m’a permis de me redonner un peu de force après ce qui m’était arrivé, c’était même une évidence.

Capture d’écran 2020-04-12 à 14.28.39

J’ai longtemps hésité avant d’écrire cet article et puis je me suis qu’il n’y avait rien de tabou, que ça vous permettrait de mieux comprendre mon changement d’état d’esprit des derniers mois, mes baisses de moral…

Je suis certaine que mon histoire va en surprendre plus d’un, car je suis une jeune fille qui a toujours le sourire et qui est toujours dynamique, du moins je projète cette image et effectivement, c’est mon état d’esprit mais ça n’a pas toujours été comme ça…

C’était en 2019 et depuis de nombreux mois, j’étais submergée par la tonne de travail que j’avais et puis je subissais quelque chose dont aujourd’hui, je ne peux pas encore vous parler. Plus les mois avançaient, plus j’étais fatiguée, plus un mal-être se créait, plus je m’effaçais petit à petit de la vie, plus mon corps me faisait des signes, plus je me sentais inutile, plus je me sentais nulle et moins je me voyais avancer dans la vie. Je ne me sentais plus à ma place dans la Société, j’étais détruite et j’étais fatiguée. Je voyais que je faisais souffrir mon entourage qui ne savait plus quoi faire et qui était désespéré. Je n’arrivais plus être à moi-même étant sous l’emprise. Des douleurs physiques sont également apparues ; j’ai développé une névralgie et j’ai également pratiqué l’automutilation. J’avais perdu le goût total de faire les choses ; je ne prenais plus de plaisir à aller au restaurant, à  voir mes amis…

J’ai alors décidé de m’envelopper dans une bulle, qui n’était pas vraiment confortable et puis je me suis mise à déprimer.Les plus petits problèmes s’accumulaient, me faisaient chuter, et voilà un jour c’est la goutte qui a fait déborder le vase !

Le Jeudi 12 Décembre, je suis passée à l’acte. J’ai souvent cherché la solution, cela me paraissait une évidence, j’étais trop désespérée, trop malheureuse et j’avais trop peur de ne pas être à la hauteur de la vie qui m’attendait. Tout cela me donnait une telle angoisse, une telle douleur intérieure que je préférais la mort pour me soulager de cette souffrance que je ne pouvais exprimer.

Le lendemain, je ne me réveillerais pas avec une boule au ventre, la nausée, le stress d’être en retard, l’angoisse de ne pas avoir bien fait mon travail, la préoccupation de ne pas avoir dit la bonne chose à un client…

DSC_4622

Mais finalement, tout ne s’est pas passé comme prévu. Dans la soirée après être passé à l’acte, j’ai reçu des messages venant de deux amis ; ils ont senti que quelque chose n’allait pas. Ils sont venus à mon secours, puis après c’est le brouillard ; crises d’angoisses, mal au ventre, des pleurs, nervosité… puis le samu est arrivé. Le Vendredi 13 Décembre, à 00h43, je suis à l’hôpital ; je crie, je pleure, je vomis puis je ne me rappelle plus vraiment jusqu’à me réveiller le lendemain entouré du personnel soignant.

DSC_5533

Finalement n’était-ce pas aussi un appel au secours ? Oui, la vie est belle mais avec des obstacles qui sont encore très difficiles pour moi aujourd’hui. Je bute énormément et pourtant je sais que je suis forte et déterminée à aller de l’avant.

DSC_5836

Oui, je vais remonter la pente même si elle est difficile et avec des cicatrices, encore ouvertes. Aujourd’hui, je suis entourée d’une famille formidable, d’amis à l’écoute et tellement patients et de professionnels de la santé qui font tout pour que j’aille mieux. J’estime la chance que j’ai et je les remercie tous du fond du coeur.

Quand on a touché le fond, il y a deux manières de réagir : soit on coule pour de bon, soit on rebondit. J’ai choisi de rebondir. Et chaque jour apporte son lot de joie, bonheur, de tristesse, de joie, de mélancolie, de désarroi, de fierté…Et quand l’envie de mourir me passe par la tête, car il m’arrive encore d’y penser lors d’expériences douloureuses, je choisis de faire face, je ne laisse pas le « noir » l’emporter, je me bats.

DSC_5181

Mon combat contre le mal n’est pas encore terminé, mais je sais que je vais le gagner car mon désir de vivre est bien plus fort que celui de mourir.

DSC_4679

Aujourd’hui, je suis bien sûr en arrêt de travail, dans un état dépressif, avec des « cicatrices » et un stress post-traumatique, un traumatisme, mais je travaille tous les jours sur moi-même pour être heureuse. Depuis cette date et cette tentation de suicide, beaucoup de choses se sont accumulées et j’ai beaucoup à faire ; me battre avec mon avocat, réparer mon stress post-traumatique, soigner une cicatrice amoureuse qui me fait lourdement souffrir, me consoler de chagrins d’amitié (J’ai cette phrase dans la tête qui m’aide : « Pardonne aux autres non pas parce qu’il méritent le pardon, mais parce que toi, tu mérites la paix » – Christophe André) et prendre soin de mon corps qui avait voulu me dire STOP à plusieurs reprises. J’ai également tout à reconstruire, car j’ai été détruite ; plus de valeurs, plus de personnalité mais finalement tout revient plus vite que je ne l’aurais pensé.

J’ai déjà pris conscience d’un tas de choses, j’avance à petit pas, comme des jours où je recule, il y a des jours sans et des jours avec, mais justement je dois l’accepter. Alors oui, c’est sur que j’ai eu le droit à certaines réflexions ; tu n’as pensé qu’à toi et pas aux autres, tu n’avances pas bien vite, on te l’avait dit… Mais je me dis que ces personnes n’ont rien compris à ce que j’avais vécu et surtout à MON vécu.

Mais surtout, si je peux vous donner un conseil ; écouter votre corps, c’est lui qui a raison.  C’est difficile de franchir le cap d’aller voir un professionnel, moi-même je ne le faisais pas avant ma TS. Mais sachez que quand vous avez trouvé le bon, que ce soit un bon médecin, un psychologue, il sont à votre disposition et font tout pour vous aider.

Ce qui sûre, c’est que ma vie sera différente, UNE DEUXIÈME VIE S’OFFRE À MOI.

« Rien n’arrive pas hasard, le Ciel à un plan parfait pour toi. S’il t’a choisi pour passer ces épreuves, c’est que tu étais l’homme de la situation » – Respire, Maud Ankaoua

DSC_5532

Bien sûr, je vous raconterais comment aujourd’hui je me bats pour m’en sortir grâce à de nombreux outils mais aussi grâce aussi au soutien de ma famille et de mes amis. Actuellement, à l’heure où je vous écris, c’est les montagnes russes (pas besoin d’aller à Disneyland !) mais je tiens bon. Il y a des jours, où je suis rattrapée par mon impatience d’aller mieux au plus vite ou de m’occuper des autres avant moi mais non ce n’est pas la bonne stratégie. Ce qui est certain, c’est que j’y vois beaucoup plus clair qu’il y a quelques mois, je retrouve petit à petit le plaisir de faire les choses et vous ne pouvez pas savoir à quel point ça fait du bien. C’est sur que je ressens tellement de colère, de tristesse mais ça me donne la rage d’avancer, de ne pas baisser les bras, d’aller de l’avant et d’être HEUREUSE !

#fuckdepression #fuckburnout

DSC_4275

You Might Also Like

No Comments

Leave a Reply